Nos mesures pour lutter contre les violences faites aux femmes

En France, les violences faites aux femmes restent une réalité massive et alarmante. En 2024, près de 272 400 femmes ont été victimes de violences conjugales. Neuf femmes sur dix déclarent avoir déjà été confrontées à des actes sexistes au cours de leur vie. Plus grave encore, tous les trois jours, une femme est assassinée parce qu’elle est une femme. Et malgré l’ampleur de ces violences, l’impunité demeure : moins de 1 % des viols donnent lieu à une condamnation.

Cette situation dramatique se reflète aussi à l’échelle locale. Dans les Alpes-Maritimes, 48 féminicides ont été recensés entre le début de l’année 2015 et la fin de l’année 2024, sans même compter les tentatives de féminicides ou les suicides — et tentatives de suicide — liés au harcèlement et aux violences conjugales. À Nice, l’ampleur du phénomène est visible à travers l’activité de l’Accueil de jour Pass’R’Elles : près de 2 600 accueils en 2023, et déjà près de 3 000 en 2024, signe d’un besoin croissant de protection et d’accompagnement.

Face à ces chiffres, il ne peut y avoir de demi-mesure. Il est urgent de mettre en place des politiques publiques structurelles, ambitieuses et courageuses, afin de construire une société où être une femme ne constitue ni un risque physique, ni un facteur de discrimination.

Les villes ont une responsabilité majeure : agir concrètement, renforcer les dispositifs de prévention et de protection, tout en interpellant fermement l’État et le département pour qu’ils assument pleinement leurs responsabilités (ce qui n’est pas le cas depuis des dizaines d’années).

Or, à Nice, il y a actuellement moins de 100 places d’hébergement d’urgence. Le coût du logement est tel (2ème après Paris) que des femmes renoncent à quitter leur conjoint violent, faute de points de chute.

Ce que nous proposons

  • Ouverture et financement de deux centres d’accueil de jour et de nuit, spécifiquement dédié aux femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants : pour doubler le nombre de places existantes ;

  • Elargissement des structures d’accueil existantes. La future maison à destination des femmes comprendra à la fois un pôle médical et un pôle social :

  • On y trouvera des gynécologues en mesure de suivre leurs patientes dans la durée, de l’adolescence à la ménopause. Elle intégrerait différentes spécialités médicales.

  • Elle sera aussi un point d’attache et de contact avec les associations. Elle permettra aux populations en situation de fragilité, comme les femmes battues et les mères isolées, de disposer d’un relais. Ou tout simplement de trouver soutien et conseil lors des situations critiques de la vie, comme les séparations.

  • Elle intégrera des « personnes ressources » pour ces femmes. Avec par exemple des référentes en mesure de les accompagner à la police et de faire les démarches de justice, ainsi que des assistantes sociales pour les aider à faire valoir leurs droits.

  • Soutien renforcé et financements des associations d’aide aux femmes ;

  • Elargissement des horaires d’accueil de la maison d’accueil des victimes, aujourd’hui limité à 9h30-11h30, et ceux du CAJ Pass'r'elles ;

  • Simplification du numéro de téléphone d'urgence du CCAS, que peu de victimes connaissent ;

  • Renforcement de la prévention et de la sensibilisation dans toutes les écoles ;

  • Conditionnement des subventions aux associations culturelles et sportives au suivi d’une formation sur les violences sexistes et sexuelles ;

  • Campagne de communication et formation du personnel de la police municipale à la prévention et au traitement du harcèlement dans l’espace public ;

  • Mise en place d’un bus du coeur des femmes : une opération itinérante d'information, de sensibilisation et de prévention sur les violences.