1) NICE : UNE POLITIQUE ENVIRONNEMENTALE INSUFFISANTE, CONTRADICTOIRE ET INJUSTE

Nice fait aujourd’hui face à une crise environnementale, sanitaire et sociale. La ville demeure l’une des plus polluées de France, et cette pollution de l’air entraîne environ 500 décès prématurés chaque année. Les transports constituent de loin la première source d’émissions de gaz à effet de serre : l’aéroport de Nice, la voie rapide et l’autoroute concentrent une grande partie de ces polluants, plongeant plusieurs quartiers dans une exposition permanente à des niveaux nocifs de particules fines et de dioxyde d’azote. Cette réalité touche d’autant plus durement les habitants les plus précaires, alors même qu’un Niçois sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et qu’à Nice le coût de la vie y est 16 % plus élevé que la moyenne nationale.

Les politiques menées ces dernières années ont renforcé les déséquilibres plutôt que de les réduire. La rénovation urbaine s’est concentrée sur le littoral et l’hyper-centre, laissant de côté des quartiers entiers où la pollution, la chaleur et l’absence d’espaces verts se cumulent. L’exemple de l’extension de la Coulée verte illustre ce modèle : un beau projet très coûteux présenté comme une réponse climatique, alors même que les justifications avancées par la municipalité ne reposent sur aucune base factuelle solide.

Autour des écoles, la situation est encore plus préoccupante. Selon un rapport de l’association Respire, basé sur les données d’Atmosud entre 2012 et 2023, Nice est l’une des villes françaises où les élèves sont les plus exposés à la pollution de l’air. Les mesures prises sont largement insuffisantes : quelques cours végétalisées ont été mises en avant, mais aucune rénovation thermique sérieuse des bâtiments n’a été planifiée, et les abords restent envahis par un trafic dense et dangereux. Rien n’a été fait pour protéger durablement la santé des enfants, alors même que les effets de la pollution sur leur développement sont connus, graves et irréversibles. En effet, la pollution a de graves effets sur leur croissance, le développement de maladies cardiorespiratoires et sur leur bien être général.
De même, aucune initiative structurée n’a émergé pour favoriser l’éducation à l’environnement : la municipalité pourrait organiser des “classes vertes” en montagne, clé en main, permettant aux enfants du primaire de découvrir l’arrière-pays niçois, de renforcer leurs compétences sociales et de s’immerger dans la nature.

En parallèle, la politique de mobilité accumule les incohérences. Annoncées depuis des années, les lignes 4 et 5 du tramway sont systématiquement reportées. La ligne 5, vers l’Ariane, promise pour 2026, est désormais renvoyée à 2028 ; la ligne 4, vers Cagnes-sur-Mer, annoncée pour 2026, est maintenant prévue pour 2030. Pendant ce temps, plus de 20 000 habitants de l’Ariane restent enfermés dans les embouteillages, exposés à des niveaux de pollution parmi les plus élevés de la ville (et même de la région), faute d’alternatives crédibles. La gratuité des transports lors des canicules, que les élus écologistes ont demandée pour protéger les personnes fragiles, a été rejetée au profit d’une gratuité limitée aux seuls pics de pollution, une mesure insuffisante face à l’ampleur du problème. Pire encore : les tarifs Ligne d’Azur ont augmenté de 10 à 70 % en 2023, alourdissant le budget des familles pour un service qui ne s’améliore pas.

Le plan vélo, pourtant présenté comme un axe central de la transition écologique locale, illustre lui aussi un profond décalage entre la communication et la réalité. Alors que 160 kilomètres d’aménagements étaient annoncés, seuls 70 kilomètres ont été réalisés selon la municipalité, et à peine 45 kilomètres sont réellement praticables selon l’association Nice à Vélo. La qualité des aménagements est très variable : certaines pistes, comme Gambetta, sont appréciées, mais beaucoup sont discontinues, dangereuses, encombrées de mobilier urbain ou interrompues par des stationnements sauvages. Plusieurs quartiers restent dépourvus d’infrastructures conformes, en contradiction avec les obligations légales.
En définitive, la ville n’a jamais engagé la création d’un véritable réseau cyclable sécurisé et continu, alors que le vélo est une solution rapide, peu coûteuse et efficace pour réduire la pollution et offrir une alternative crédible à la voiture.

La gestion de la pollution atmosphérique reste, elle aussi, incohérente. Aucun dispositif de surveillance moderne n’a été déployé dans tous les quartiers, alors que l’installation de capteurs de pollution, notamment dans les secteurs les plus exposés comme l’Ariane, est indispensable pour une politique sanitaire sérieuse.


La municipalité n’a pas non plus engagé d’actions ambitieuses pour réduire la dépendance à la climatisation, pourtant responsable d’une partie significative de la consommation énergétique estivale. Aucun plan massif d’isolation des façades et des logements n’a été proposé, alors qu’il s’agit d’un levier majeur pour réduire la facture énergétique et améliorer le confort thermique.

L’artificialisation des sols atteint des niveaux alarmants. L’Opération d’Intérêt National (OIN) a entraîné une bétonisation rapide et irréversible de la Plaine du Var, l’une des dernières zones agricoles fertiles du territoire. Un rapport présenté en Conseil métropolitain révèle que la Métropole a déjà consommé 32 % de son quota d’espaces naturels, agricoles et forestiers pour toute la période 2021–2030… en seulement deux ans. À cette pression foncière s’ajoute une vulnérabilité accrue aux risques d’inondation, aggravée par la disparition des terres arables qui jouent un rôle fondamental dans l’absorption des eaux, et la pression de plus en plus grande sur la digue du Var.

Sur le littoral, la politique affichée manque également de cohérence. L’Aire Marine Protégée n’inclut même pas la rade de Villefranche, qui est pourtant l’un des écosystèmes les plus fragiles de la Méditerranée. Nous dénonçons un périmètre incohérent et insuffisant. Dans le même temps, les bateaux de croisière continuent d’être accueillis, contribuant à la pollution atmosphérique, aux émissions de gaz à effet de serre et au surtourisme. Les annonces municipales sur la protection de la Méditerranée se limitent trop souvent à des opérations de communication.

Enfin, l’un des projets les plus emblématiques du manque de cohérence climatique est l’extension de l’aéroport de Nice. D’ici 2034, ce projet entraînerait une augmentation de 6,4 millions de passagers par an, 28 000 vols supplémentaires (environ 80 vols par jour) et 380 000 tonnes additionnelles d’équivalent CO₂, soit une hausse de 23 % des émissions actuelles et une hausse des troubles de santé liés au bruit. Le maire affirme que l’aéroport étant un équipement d’État, il n’y pourrait rien. Pourtant, le 4 septembre 2024, le permis de construire modificatif a bel et bien été validé avec son avis favorable. Cette contradiction fragilise profondément la crédibilité de la politique environnementale municipale.

La Métropole est hors trajectoire climatique : au rythme actuel, elle n’atteindra que –33 % de réduction des gaz à effet de serre en 2030, loin des –55 % imposés par les objectifs européens.

2) NOS PROPOSITIONS : UNE VÉRITABLE TRANSITION ÉCOLOGIQUE POUR NICE

Face à ces constats, nous proposons un changement de cap net, cohérent et ambitieux, fondé sur la protection de la santé des habitants, la lutte contre le changement climatique, la réduction des inégalités territoriales et la transformation durable de la ville.

Le développement d’un réseau cyclable continu, lisible et entièrement sécurisé constituera un pilier central de notre politique de mobilité durable.

Notre première priorité est de repenser la mobilité. La ligne 5 du tramway doit devenir un chantier prioritaire afin qu’elle soit livrée sans nouveaux retards et qu’elle désenclave enfin Bon Voyage, l’Ariane et la vallée des Paillons. Nous voulons instaurer la gratuité des transports lors de chaque épisode de canicule, car il n’est plus acceptable que les déplacements deviennent un risque sanitaire pour les personnes vulnérables. Nous mettrons en place une gratuité progressive, à commencer par les jeunes, les retraités, les étudiants et les ménages les plus modestes. Nous mettrons également en œuvre un véritable plan de mobilité scolaire, fondé sur la généralisation des zones 30 autour des écoles, la piétonnisation des abords et la sécurisation des cheminements.

Notre deuxième priorité est l’adaptation climatique et la rénovation thermique.

Nous engagerons un programme massif de rénovation des écoles, des crèches et des EHPAD afin d’améliorer le confort thermique, réduire les factures d’énergie et protéger les enfants ainsi que les seniors. Nous accompagnerons les copropriétés dans l’isolation des façades et des logements, en levant les obstacles administratifs et financiers, afin de réduire la dépendance à la climatisation. Nous étudierons la faisabilité d’un réseau de froid urbain, comparable à celui déjà en service à Paris, solution collective permettant de limiter l’usage des climatiseurs individuels.

Nous ferons de la végétalisation des rues un axe majeur pour créer de véritables espaces publics habitables, ombragés et accueillants.

Nous multiplierons les îlots de fraîcheur et les zones d’ombre, désimperméabiliserons les sols dès que possible et augmenterons significativement le nombre d’arbres plantés dans les quartiers les plus exposés. La place Pellegrini constitue une preuve que ces aménagements peuvent transformer le quotidien.

Dans les cantines et les écoles nous mettrons en place une politique biologique et saine pour nos enfants.

Nous réduirons la part des produits ultra-transformés jusqu’a atteindre 0 % pour la santé des élèves accompagné d’un renforcement massif du bio et du local. Nous installerons des zones 30 autour de toutes les écoles et piétonniserons leurs abords là où c'est possible. Nous ferons également de la protection des terres et de la biodiversité une priorité absolue. La Plaine du Var ne doit plus être la variable d’ajustement d’un modèle de développement basé sur la bétonisation et la spéculation foncière. Nous défendrons une révision du PLUm pour préserver les dernières terres fertiles, restaurer les zones humides, créer des corridors écologiques et renforcer les espaces verts de proximité. Nous étendrons l’Aire Marine Protégée à la rade de Villefranche et mettrons en place une régulation stricte des bateaux de croisière afin de réduire leurs impacts environnementaux et leur rôle dans le surtourisme.

Nous adopterons une position claire et ferme contre l’extension de l’aéroport de Nice.

Aucun projet ne doit continuer à augmenter les émissions dans un territoire déjà saturé et vulnérable. Nous soutiendrons l’application d’un couvre-feu nocturne pour l’aéroport, ainsi que la fermeture progressive de l’aérodrome des jets privés, dont l’impact écologique est disproportionné au regard du bénéfice social. Plus largement, nous engagerons la Métropole sur une trajectoire compatible avec une réduction de 55 % des émissions d’ici 2030, en développant les énergies renouvelables sur les toitures publiques et en réduisant la dépendance au trafic aérien et automobile.

Nous placerons la justice environnementale au cœur de notre action.

Les quartiers populaires devront être les premiers bénéficiaires de la transition écologique. Cela implique davantage d’espaces verts, la rénovation prioritaire des écoles les plus dégradées, la protection contre le bruit et la pollution, ainsi que le développement de jardins partagés et d’initiatives locales.


Nous instaurerons une tarification progressive de l’eau.

Les premiers mètres cubes gratuits pour les foyers (10 premiers mètres cubes soit selon l’ONU, pour une famille de 5 personnes, les mètres cubes qui sont nécessaires pour l’alimentation et pour boire pour un an, c’est-à-dire ce qu’on appelle l’eau vitale), tandis que les usages intensifs, notamment hôteliers, seront davantage contributifs, garantissant justice sociale et sobriété hydrique.

Nous soutiendrons également la mise en place de classes vertes afin d’offrir à tous les enfants un accès à la nature et à l’arrière-pays niçois.

Nous instaurerons enfin une démocratie environnementale associant les habitants à la définition des projets via des budgets participatifs verts et des assemblées citoyennes de quartier.

Notre projet environnemental pour nice