Discours de Juliette CHESNEL-LE ROUX du 16 mars 2026 demandant le retrait de la vie politique de Christian ESTROSI
Niçoises, Niçois,
Je veux d’abord adresser un remerciement sincère et chaleureux à toutes celles et tous ceux qui ont pris le temps de se déplacer pour voter. Dans un contexte particulièrement tendu, marqué par une campagne indigne, vous avez fait vivre la démocratie. Dans une ville comme la nôtre, chaque voix compte. Chaque engagement citoyen est précieux.
Je veux également remercier tous ceux qui ont participé à cette campagne, qui ont distribué des tracts, débattu, convaincu, parfois tard le soir, avec détermination. La démocratie locale repose sur cet engagement collectif.
J’ai déposé ma liste aujourd’hui.
Regardons la réalité en face.
Le premier fait marquant de ce scrutin, c’est le niveau d’abstention. Trop de Niçoises et de Niçois ont choisi de ne pas voter. Et ce n’est pas simplement de la lassitude démocratique. C’est aussi le résultat direct du climat épouvantable dans lequel s’est déroulée cette campagne.
Jamais, depuis longtemps, la vie politique niçoise n’avait atteint un tel niveau de tension, d’agressivité et parfois de vulgarité. Les invectives ont remplacé les idées. Les attaques personnelles ont remplacé les projets. Les polémiques ont pris le pas sur le débat démocratique.
Cette campagne a été indigne de Nice.
Elle a profondément abîmé l’image de notre ville. Elle a abîmé la confiance que les citoyens peuvent avoir dans la politique. Elle a découragé des milliers d’électeurs qui ne se reconnaissent plus dans ce spectacle permanent de conflits et de stratégies politiciennes.
Nice mérite mieux que cela.
Mais au-delà de ce climat délétère, ce scrutin délivre plusieurs enseignements politiques très clairs.
Le premier : c’est la défaite de Christian Estrosi. Après tant d’années de pouvoir, ses politiques sont rejetées. Le système Estrosiste est tombé.
Le second enseignement : c’est la montée de l’extrême droite, résultat de tant d’années de banalisation d’idées racistes et xénophobes. Estrosi a tracé le sillon de l’extrême droite.
Face à ce danger, une question centrale se pose : qui peut réellement constituer un barrage à l’extrême droite ?
La réponse est simple : ce barrage ne peut pas être Christian Estrosi.
Pourquoi ? Parce que la situation actuelle est en grande partie le produit de son propre système politique.
Pendant plus de trente ans, Christian Estrosi et Éric Ciotti ont construit leur carrière ensemble. Ils ont siégé ensemble, gouverné ensemble, structuré la droite niçoise ensemble à la ville de Nice comme au conseil départemental. Ils ont partagé les mêmes combats politiques, les mêmes réseaux, les mêmes stratégies.
Éric Ciotti n’est pas un accident de l’histoire politique niçoise. Il est le produit d’un système dont Christian Estrosi est l’un des principaux architectes.
Pendant des années, la stratégie a consisté à courir derrière l’extrême droite, à reprendre ses thèmes, à banaliser ses idées, à durcir toujours davantage le discours politique.
On connaît la suite : lorsque la droite traditionnelle reprend les idées de l’extrême droite, elle ne la combat pas. Elle la légitime. Et elle la fait monter.
Christian Estrosi est le seul responsable de la situation.
Et cette responsabilité ne s’arrête pas là.
Dans sa propre majorité municipale, les ambiguïtés avec l’extrême droite existent. Des adjoints issus du Rassemblement national siègent à ses côtés et à son cabinet. Encore aujourd’hui, un de ses plus fidèles adjoints refuse de marier les personnes homosexuelles. Cela est inacceptable. Entre la droite politique qui se prétend gaulliste et l’etrême droite, les frontières ont été brouillées. Les lignes politiques ont été effacées.
Pendant ce temps, l’opposition municipale a été systématiquement maltraitée. Pendant six ans, les débats ont été verrouillés, les critiques méprisées, les contre-pouvoirs affaiblis. La démocratie locale a été réduite à un rapport de force permanent.
Et aujourd’hui, au moment où le danger devient réel, Christian Estrosi voudrait se présenter comme le rempart contre l’extrême droite.
Cette posture n’est pas crédible.
Elle ne l’est pas politiquement.
Elle ne l’est pas moralement.
Elle ne l’est pas démocratiquement.
D’autant que le bilan de ces années de pouvoir est lourdement entaché par une succession d’affaires et de polémiques qui ont durablement fragilisé l’image de Nice.
Les Niçoises et les Niçois n’ont pas oublié les 108 millions d’euros du circuit du Castellet. Les perquisitions, les dizaines de signalement au procureur.
Mais surtout. Surtout, il y a eu un tournant. : une barbouzerie aux relents antisémites intervenue le 27 février. A la suite de cette volonté de déstabilisation de la campagne électorale, des très proches de Christian Estrosi - comme l’a signalé le procureur - ont été mis en examen.
C’est le paroxysme d’une vie politique niçoise affairiste, carriériste qui n’est là que pour se servir et pas pour servir les niçois.
C’est pourquoi, si Christian Estrosi est un républicain, s’il est un gaulliste, si Christian Estrosi aime véritablement cette ville et ses valeurs, nous lui demandons solennellement de se retirer immédiatement de la vie politique.
De se retirer pour permettre un véritable rassemblement républicain.
De se retirer pour empêcher l’extrême droite de prendre la mairie de Nice.
De se retirer pour que notre ville retrouve enfin un débat politique digne.
Ensemble, préparons un avenir plus abordable et serein pour Nice. Les 15 et 22 mars votez et faites voter pour la liste "Unis pour Nice" !
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